La poésie épouse les reliefs

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Haïti, comme l’Iran et d’autres terres traversées par la tension et l’espérance, porte une voix singulière où chaque poème devient un acte de présence. C’est dans cette zone fragile et lumineuse que s’inscrit l’exception poétique haïtienne, dont nos auteurs prolongent aujourd’hui le souffle.Ce pays francophone, riche de ses racines, mais aussi de ses liens avec la France, a noué, via notre Concours de Poésie de la Francophonie ADAN, un ancrage fort où se relaient de nombreux poètesPar Patrice Dufetel , Vice-Président Auteurs des Hauts de France , Président du Jury ADAN 

                                                                             

Haïti , un essaim de voix qui résonnent depuis son centre vers une périphérie qui se dilue dans l’exil.

Derrière la fourrure des mots, se dressent des paysages, des contours, des confins, et surtout des hommes et des femmes. Ceux-là s’invitent dans le poème pour raconter leur histoire, celle d’une terre, d’un peuple, d’un cri.

Haïti n’est pas un pays comme les autres, il ne se résume pas à une frontière qu’on surligne avec le doigt sur une carte. Il est bien plus que cela, il est un essaim de voix qui résonnent depuis son centre vers une périphérie qui se dilue dans l’exil.

Ce pays, sans cesse déchiré, première république noire, au gouvernement provisoire, est la proie de gangs qui entretiennent un climat de violence. Ce mal être constant de la population, les difficultés pour vivre et survivre appellent non pas la résignation, mais une forme de résistance qui passe par la poésie.

Ce pays francophone, riche de ses racines, mais aussi de ses liens avec la France, a noué, via notre Concours de Poésie de la Francophonie ADAN, un ancrage fort où se relaient de nombreux poètes.

Ce qui s’écrit d’Haïti ne dit rien autre qu’une souffrance et un espoir, et les poèmes que nous recevons sont trempés de sueur et de sang.

Ce qui marque aussi, c’est la jeunesse et la maturité de ces poètes. Certes, Haïti est la terre des poètes, de René Depestre à James Noël, de Jean Metellus à Lyonel Trouillot, de Dany Laferrière à Jacques Roumain.

Chevaucher sa chute

Un pays qui souffre, a besoin de poètes, de voix et de souffle

Carte haiti

 

Un pays qui souffre, a besoin de poètes, de voix et de souffle, et ces voix nous les accueillons, car elles ont la puissance d’un cri. Et ce cri dit en quoi la poésie fait état de notre monde et tente de le réparer. En exergue de « Le charme des après-midis sans fin », Dany Laferrière cite Jacques Roumain : « Si l’on est d’un pays, si l’on y est né, comme qui dirait natif-natal, eh bien on l’a dans les yeux la peau, les mains, avec la chevelure de ses arbres, la chair de sa terre, les os de ses pierres, le sang de ses rivières, son ciel, sa saveur, ses hommes et ses femmes… »

 

Cette année, neuf poètes haïtiens ont concouru, mêlant leurs voix, pour dire que leur pays ne se résout pas au silence accablant de la meurtrissure. Parfois ces voix se sont exilées, mais leur timbre est le même, d’où qu’il vienne, pour dire la blessure.

La poésie charrie dans ses flancs l’âme d’un pays et un espoir à conquérir. Quelle que soit la pente ou la courbe, le poème escalade les sommets et pointe l’horizon.

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