Écrire des romans historiques exige un important travail de recherche. Pour Jean Duruy, cela implique de consulter de nombreuses sources parfois contradictoires et d’accepter la complexité des faits.
Cette démarche peut également susciter des réactions passionnées lorsque l’auteur remet en question certaines représentations établies. Il cite notamment son traitement du personnage de Jeanne d’Arc dans sa trilogie Les Héritiers d’Azincourt. Son héroïne n’y accomplit pas de miracles, contrairement à certaines visions idéalisées, mais n’est pas non plus présentée sous un jour caricatural ou excessivement critique.
Cette volonté de s’éloigner à la fois de la « légende dorée » et de la « légende noire » constitue l’un des fils conducteurs de son travail littéraire.
Quand Dracula devient narrateur
Parmi les souvenirs marquants de son parcours d’écriture, Jean Duruy évoque la rédaction de Mémoires sanglantes, un roman qui reprend l’histoire de Dracula en donnant la parole au célèbre vampire.
Au cours de l’écriture, il s’est trouvé confronté à une difficulté particulière : rendre cohérente la scène de la vampirisation de Lucy telle qu’elle apparaît dans le roman original de Bram Stoker. Estimant que certains éléments du récit manquaient de logique interne, il s’est attaché à proposer une explication rationnelle et cohérente.
Après plusieurs nuits de réflexion, il est parvenu à construire une version qui, selon lui, permet de comprendre l’ensemble des événements comme dans un roman policier où chaque détail finit par trouver sa place.