Jean Michel Vanderbeken, alias Jean Duruy : quand l’Histoire nourrit le roman

Le 08/06/2026 0

Passionné d'Histoire, Jean-Michel Vanderbeken, alias Jean Duruy, traverse les récits historiques sur le fil ténu de la nuance et de la précision. Découvrez son parcours.

Un parcours entre passion historique et écriture

Originaire de la Picardie belge, Jean Michel Vanderbeken nourrit depuis toujours une passion pour l’Histoire. Après des études universitaires à Louvain-la-Neuve dans cette discipline, complétées par un diplôme en Études européennes, il mène une longue carrière dans le secteur des assurances avant de renouer avec l’écriture.

Cette passion pour le récit historique trouve son expression dans une trilogie consacrée à la guerre de Cent Ans. Pour signer ses ouvrages, il choisit le pseudonyme de Jean Duruy, une traduction libre de son patronyme flamand évoquant « les ruisseaux ». Un nom de plume qui accompagne aujourd’hui son travail d’auteur et de passeur d’Histoire.

À la recherche de la vérité derrière les mythes

Ce qui anime particulièrement Jean Duruy, c’est l’exploration des mythes nationaux et des récits fondateurs qui façonnent les cultures. Selon lui, l’Histoire est souvent traversée par une opposition entre les partisans du « roman national » et ceux qui s’attachent à le déconstruire.

 

L’auteur revendique une autre approche : celle de la recherche des faits et de la nuance. Son objectif n’est ni de glorifier ni de condamner les personnages historiques, mais de comprendre comment les mythes se construisent et d’approcher au plus près une réalité souvent plus complexe que les légendes.

Chaque peuple possède ses récits fondateurs, ses héros et ses figures controversées. C’est dans cette zone grise, où se mêlent vérité historique et mémoire collective, que Jean Duruy puise l’essentiel de son inspiration.

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Le défi de concilier fiction et rigueur historique

Écrire des romans historiques exige un important travail de recherche. Pour Jean Duruy, cela implique de consulter de nombreuses sources parfois contradictoires et d’accepter la complexité des faits.

Cette démarche peut également susciter des réactions passionnées lorsque l’auteur remet en question certaines représentations établies. Il cite notamment son traitement du personnage de Jeanne d’Arc dans sa trilogie Les Héritiers d’Azincourt. Son héroïne n’y accomplit pas de miracles, contrairement à certaines visions idéalisées, mais n’est pas non plus présentée sous un jour caricatural ou excessivement critique.

Cette volonté de s’éloigner à la fois de la « légende dorée » et de la « légende noire » constitue l’un des fils conducteurs de son travail littéraire.

 

Quand Dracula devient narrateur

Parmi les souvenirs marquants de son parcours d’écriture, Jean Duruy évoque la rédaction de Mémoires sanglantes, un roman qui reprend l’histoire de Dracula en donnant la parole au célèbre vampire.

Au cours de l’écriture, il s’est trouvé confronté à une difficulté particulière : rendre cohérente la scène de la vampirisation de Lucy telle qu’elle apparaît dans le roman original de Bram Stoker. Estimant que certains éléments du récit manquaient de logique interne, il s’est attaché à proposer une explication rationnelle et cohérente.

Après plusieurs nuits de réflexion, il est parvenu à construire une version qui, selon lui, permet de comprendre l’ensemble des événements comme dans un roman policier où chaque détail finit par trouver sa place.

 

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De nouveaux récits au cœur de l’Histoire

L’actualité littéraire de Jean Duruy est particulièrement riche. Il vient d’achever le premier volet d’une fresque romanesque en deux tomes intitulée Enserrés par les aigles.

Ce roman raconte les bouleversements vécus par une famille bretonne entre la Révolution française et l’Empire. À travers le regard d’un avocat peu porté sur les engagements politiques, le lecteur redécouvre les années 1780 à 1814 sous un angle intime et humain. Le récit adopte notamment une forme mêlant narration classique et correspondances épistolaires.

Le second volume, actuellement en cours d’écriture, portera le titre La Fiancée des steppes. Cette fois, l’histoire sera racontée à travers le journal intime de Louise, la plus jeune sœur de la famille. Son tempérament aventureux la conduira des derniers maquis chouans jusqu’aux vastes plaines russes, au sein des cosaques du Don du général Platov.

Complémentaires, les deux ouvrages proposent deux regards différents sur une même période : l’un davantage centré sur la reconstitution historique, l’autre tourné vers l’aventure et les grands espaces.

L’ADAN, un engagement pour la culture régionale

Membre récent de l’ADAN, Jean Duruy préfère rester prudent quant à son appréciation de l’association, le temps de mieux connaître ses adhérents et ses actions.

Il souligne toutefois l’importance de défendre la culture littéraire dans une région qui souffre parfois d’un manque de reconnaissance de la part des milieux culturels parisiens. À ses yeux, cette mission justifie pleinement l’existence de l’association et mérite d’être soutenue.

Il se réjouit déjà des rencontres à venir et des échanges qui lui permettront de découvrir d’autres auteurs partageant la même passion de l’écriture et de la création littéraire.

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