Benoît de Baenst, quand la poésie ouvre les portes du Mystère

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Prêtre, théologien, enseignant, chercheur et écrivain, Benoît de Baenst consacre ses ouvrages aux grandes questions de la foi et de l’existence. De la vie après la mort à l’écoute de la Parole de Dieu, il cherche à rendre accessible la profondeur du Mystère chrétien, sans jamais le réduire à de simples concepts. Dans son approche, la théologie dialogue avec la poésie, la liturgie et les arts pour rejoindre non seulement l’intelligence, mais aussi le cœur. Propos recueillis par Ophelie Desnoulez Administratrice Référente communication 

L’ADAN, espace d’écoute et de fraternité « œuvre à la paix dans le monde ».

 

Benoît de Baenst a découvert l’ADAN grâce à un paroissien et au marché de la poésie de Lille en décembre 2025. Cette rencontre lui a permis de mieux comprendre combien les poètes cherchent à exprimer ce qui leur tient profondément à cœur.

Il décrit l’association comme un lieu d’écoute, de partage en vérité, d’authenticité, de sincérité, de beauté, de fraternité et d’ouverture à ce qui dépasse chacun.

Dans une société qui pousse souvent à se tourner vers l’extérieur de soi, cet espace lui paraît particulièrement précieux. Il va même jusqu’à considérer que, par cette attention portée à l’intériorité, à la rencontre et à la beauté, l’ADAN « œuvre à la paix dans le monde ».

Page Auteure ADAN 

 

Marche de la poesie de baenst

Benoît de Baenst au marché de la poésie de Lille 2025 

B esnault 1

Bernard Esnault et Jean Daniel Robert 

Marche p sergeant cesar alainPatrick Sergeant , Alain Rousseau  et Nicolas Defoort amis de plume ADAN au marché de la poésie de Lille 2025 

« Un homme qui aspire à vivre de l’amour trinitaire »

Un homme en chemin, habité par l’amour trinitaire

Lorsqu’il s’agit de se présenter sans recourir aux titres de prêtre, de théologien, d’enseignant, de chercheur ou d’écrivain, Benoît de Baenst choisit une définition profondément spirituelle.

Il se décrit comme « un homme qui aspire à vivre de l’amour trinitaire », ce Mystère qu’il considère comme l’alpha et l’oméga, dans toute la profondeur et l’ampleur de l’humanité, avec ses richesses comme avec ses pauvretés, à la lumière de la miséricorde de Dieu.

Une manière de parler de lui qui place d’emblée la relation au Christ au cœur de son existence : « Grâce à lui, par lui, en lui, avec lui, pour lui… » Le Christ, le Vivant par excellence, est celui qui partage et donne sa Vie, « la vie par le Christ dans l’Esprit ».

Faire entrer le lecteur dans l’intelligence du Mystère

Les ouvrages de Benoît de Baenst abordent des questions essentielles : que se passe-t-il après la mort ? Comment Dieu nous parle-t-il ? Comment discerner ce qui vient de Dieu ?

S’il choisit de consacrer ses livres à ces interrogations, c’est parce qu’il estime que la beauté de ce que Dieu a révélé par Jésus Christ, dans l’Esprit et en l’Église, demeure encore trop souvent ignorée, mal comprise, défigurée ou caricaturée.

Son intention est donc d’aider chacun à entrer dans l’intelligence du Mystère et à en vivre. Il rappelle à ce sujet la pensée de saint François de Sales : « Tout est à l’amour. »

Pour Benoît de Baenst, l’Église ne dit pas autre chose lorsqu’elle présente le Cœur de Jésus comme « le symbole, le résumé, la synthèse et la norme de toute la vie chrétienne ».

Se « déprendre » et se « décentrer » de soi-même

Quand la poésie dépasse les limites du concept

Théologien, Benoît de Baenst est également poète. Pour lui, cette double approche n’a rien de contradictoire. Au contraire, la poésie peut parfois se révéler plus juste que le langage théologique pour évoquer le Mystère.

La vie humaine, et plus encore la vie divine, ne peut être entièrement contenue dans le concept. Celui-ci reste important et nécessaire, mais il ne suffit pas. Il ne s’agit pas seulement de comprendre Dieu, explique-t-il, mais de le laisser advenir en soi et de vivre du Mystère.

Parce qu’elle mobilise l’imagination et l’affectivité, parce qu’elle est aussi musique, la poésie ne s’adresse pas uniquement à la raison. Elle la dépasse et met le cœur en mouvement. Elle permet au Mystère d’affleurer, de se laisser approcher et presque toucher.

La liturgie chrétienne, selon lui, l’a depuis longtemps compris en faisant dialoguer la parole, la musique, les gestes et les différents arts.

Retrouver le silence pour entendre la Parole

Dans un monde marqué par le bruit, l’information permanente et les sollicitations incessantes, écouter la Parole de Dieu suppose, selon lui, un véritable déplacement intérieur.

Il s’agit de se « déprendre » et de se « décentrer » de soi-même, mais aussi de sortir de la logique de l’utile, de l’efficace, de la vitesse et du rendement. À cette logique de performance, il oppose l’attention gratuite et simple, ainsi que l’écoute du cœur.

Le silence et la liturgie constituent, à ses yeux, une voie privilégiée. Ils permettent à la Parole de Dieu de se déployer en chacun, au rythme de sa liberté.

« Pour bénéficier de la douceur de l’eau d’une piscine, il faut plonger. »

Une invitation à plonger plutôt qu’à tout expliquer

Après avoir consacré de nombreuses pages à transmettre, expliquer et questionner la foi, Benoît de Baenst aimerait laisser au lecteur une image simple, presque une parabole. 

À la question de savoir ce qu’il souhaiterait lui transmettre sans chercher à l’expliquer, il répond : « Pour bénéficier de la douceur de l’eau d’une piscine, il faut plonger. »

Une formule brève qui résume une conviction essentielle : certaines réalités ne peuvent véritablement être découvertes qu’en faisant le pas de l’expérience, en acceptant de s’engager pleinement plutôt que de rester à distance.

Un nouveau recueil au croisement des arts

Benoît de Baenst prépare actuellement un nouveau livre de poèmes, Au cœur du Mystère II. Comme le précédent, cet ouvrage sera conçu en dialogue avec les tableaux d’une amie.

Sa publication est normalement prévue pour Noël 2027 aux Éditions de l’Emmanuel. L’auteur espère également pouvoir présenter ce travail au cours de deux soirées artistiques, l’une à Lille et l’autre à Bruxelles, durant le mois de décembre.

Ces rendez-vous réuniraient plusieurs formes d’expression : déclamation, projection de tableaux, musique, danse et sculpture. Une manière de prolonger sur scène le dialogue entre les arts et de faire vivre la poésie autrement.

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